EN
marieglaize@gmail.com
instagram : @marie_glaize


En ce moment :

Participation à l'exposition 05 septembre - 01 octobre, Galerie Totem, Amiens, du 5 septembre au 1er octobre 2022, commissariat de Louis Clais et Gabriel Folli.

Participation à l'exposition Aoulioulé, MRAC, Sérignan, du 15 octobre 2022 au 19 mars 2023, commissariat de Sylvie Fanchon et Camila Oliveira Fairclough.

Portrait de Marie Glaize en factrice, par Yoann Van Parys

"Notre esprit déviant sera tenté de lire trop vite des mots. Il lira ainsi factice au lieu de factrice. Or, c’est tout le contraire : Marie Glaize est une réaliste. Quand on sort d’une salle de cinéma, où nous sommes allés oisivement en plein milieu d’une après-midi de canicule, nos yeux doivent s’accoutumer à la clarté du jour, qui nous attend là dans la rue. Le jour nous donne une leçon de réalisme. On ressent cet éblouissement, cet aveuglement passager face aux œuvres de Marie Glaize, qui sont volontiers de contraste éclatant. Lorsque vous approchez d’une boîte aux lettres pour y glisser un pli décisif (lettre d’amour, candidature à un emploi), vous ressentez ce léger serrement de gorge au moment où il s’agit de lâcher l’enveloppe dans la fente. Vos doigts s’ouvrent, presque au ralenti. Et puis voilà, c’est fait. Votre destin est scellé, il ne vous appartient plus, pour autant qu’il vous ait appartenu un jour. Il y a cette vitesse dans le travail de Marie Glaize. L’artiste endosse les rôles qui lui sont parallèles, à savoir destinateur et destinataire : elle envisage les émotions de celui ou celle qui envoie ou reçoit du courrier. Elle est quant à elle témoin de leur échange, là au milieu. La factrice est en empathie. Elle observe du coin de l’œil les paquets qu’elle livre à telle ou telle adresse. Elle analyse, elle voit, elle sait. Ou disons qu’elle pressent. Ou alors, elle imagine : cela fait presque partie de sa fiche de poste (à la Poste) : livrer, imaginer. Elle effectue son travail d’une façon régulière. Elle vit selon un décalage léger par rapport à la société. Elle se lève plus tôt que tout le monde, et quand les employés vont déjeuner, elle peut déjà rentrer chez elle. Viennent alors ces longues après-midi d’incertitude. Elle peut se rendre au cinéma (nous l’avons dit). Elle peut aussi ne rien faire. Se contenter de regarder par la fenêtre, et observer le flux des passants en mâchant un bonbon noir, à la réglisse."

Textes :

Portrait de Marie Glaize en factrice, Yoann Van Parys
Collectage et grandilection (extrait), Nicolas Guillemin
Flore Eckmann et Marie Glaize, Antoinette Jattiot
Avranches. Des pièces en bronze cachées dans le jardin des plantes, Nicolas Thomas, La Manche Libre
Louis Clais et Marie Glaize, Licia Demuro
Interview Marie Glaize – Salon de Montrouge 2019, Françoise Art Mémo
Repérage en cinq pépites au Salon de Montrouge, Maïlys Celeux-Lanval, Beaux-Arts Magazine
Vous en entendrez parler, Julien Baldacchino, France Inter
Tu me je, Je te tu, Licia Demuro, catalogue du 64e Salon de Montrouge
Objets Transactionnels, DeYi Studio